Home LivresRomain Rolland – Carnets d’Italie 1889-1891

Romain Rolland – Carnets d’Italie 1889-1891

by redazione

Éditions Bartillat — Parution inédite

Il est des livres qui surgissent du passé avec une fraîcheur inattendue.
Ces Carnets d’Italie, écrits par un jeune Romain Rolland entre 1889 et 1891, appartiennent à cette catégorie rare : un manuscrit demeuré silencieux pendant plus d’un siècle et qui, aujourd’hui seulement, voit le jour

On y découvre un Rolland de vingt-trois ans, avant les grandes œuvres, avant la célébrité, avant la sagesse austère du prix Nobel.
Un jeune homme studieux, rigoureux, parfois sévère, qui traverse l’Italie comme on traverse un pays intérieur : méthodiquement, sans jamais perdre le fil de ses observations

L’Italie, pays d’étude avant d’être pays d’émotion

Les descriptions sont d’une finesse incroyable, mais aussi… surprenament froides.
Rolland regarde tout, mais semble ne rien laisser le traverser.
Son écriture, exacte, est presque imperméable à ce qui fait l’Italie : sa chaleur, sa sensualité, cette façon qu’a le pays de vous envelopper de son manteau vibrant.

On ressent parfois une distance, une retenue.
Comme s’il refusait de se laisser emporter par l’émotion.
Comme si l’Italie, dans sa splendeur excessive, l’intimidait.

Florence, la ville-musée qui ne vieillit pas

Et pourtant, paradoxalement, ce même regard distant nous offre l’un des portraits de Florence les plus précis qui soient.
Ses notes composent un véritable itinéraire sensible un guide encore utilisable aujourd’hui pour arpenter la ville.

Les ruelles, les cloîtres, les cours intérieures, les musées… tout est là, intact.
J’ai retrouvé dans ses pages les lieux où j’ai moi-même marché, les salles que j’ai traversées, les lumières que j’ai vues.
Florence est ainsi : une ville-musée qui ne se fige jamais, une beauté ancienne qui demeure vivante.
Dans les carnets de Rolland, on retrouve cette permanence cette manière qu’a la ville de survivre au temps, presque à l’identique.

Milan : l’écart, la divergence, le dialogue

Là où Florence l’enchante, Milan le laisse froid.
Sa modernité naissante, son énergie, son architecture plus brute ne le séduisent pas. Il en parle avec distance, presque désaffection.

Et c’est ici que la lecture devient intime.
Moi qui aime Milan passionnément, sa vigueur, ses contrastes, cette beauté sévère qui se révèle lentement, je me suis retrouvée à dialoguer avec lui.
À confronter son regard au mien.
À sentir, au fond, que l’Italie n’est jamais un pays univoque : elle est plurielle, elle est mouvante, elle est toujours affaire de sensibilité.

Cette divergence donne au livre une richesse supplémentaire : celle d’un pays que chacun ressent différemment, selon son cœur, son histoire, son propre rapport au beau.

Un texte qui révèle une vocation

Au-delà de l’Italie, c’est l’écrivain qui se révèle ici.
Dans la rigueur de la description, on devine déjà l’historien.
Dans l’attention aux œuvres, le futur biographe de Beethoven et de Michel-Ange.
Dans le souci du détail, le moraliste en formation.

Ces carnets ne racontent pas seulement un voyage :
ils racontent la naissance d’un regard, et peut-être aussi la naissance d’une œuvre.

Lire ces pages inédites, c’est marcher avec un jeune homme qui, à travers l’Italie, apprend à regarder le monde.
Et dans le reflet de son regard, retrouver nos propres pas ceux d’hier, et ceux de nos prochaines promenades italienne

Romain Rolland — Carnets d’Italie 1889-1891
Éditions Bartillat · Parution : 12 juin 2025
Texte inéditÉdition établie par : Martine Liégeois
Préface : Jean Lacoste
Format : 224 pages + cahier photos couleur (12 pages)
Prix : 22 €
ISBN : 978-2-84100-786-8

Redaction Cinerama Boulevard

You may also like

Leave a Comment