Home THEATRERECENSIONSYaakov Zada-Daniel, la force tranquille de Fauda

Yaakov Zada-Daniel, la force tranquille de Fauda

by redazione

Le visage d’Eli, l’âme de Yaakov.

J’aime profondément Eli.

« Ce qu’il y a de plus beau chez Eli porte le visage de Yaakov Zada-Daniel. Au-delà de l’interprétation, Yaakov lui prête une part de lui-même ».

Parce qu’il est le chef que tout le monde aimerait avoir à ses côtés. Celui qui ne demande jamais à ses hommes ce qu’il ne serait pas prêt à faire lui-même. Celui qui protège plus qu’il ne commande. Celui qui avance malgré la fatigue, les blessures et le poids des décisions.

Au fil des saisons, sa carapace se fissure. Derrière le combattant apparaît un homme profondément humain.

Mais la force d’Eli ne réside jamais dans la démonstration. Elle ne s’impose ni par les muscles, ni par les armes. Elle s’exprime dans la retenue. Dans la pudeur. Dans tout ce que le personnage choisit de taire plutôt que de dire.

Ce qui séduit chez Eli, ce n’est pas ce que l’on sait de lui, mais ce qui transparaît de lui. Sa sensibilité. Son magnifique sourire. La façon dont il regarde Hagit. Sa capacité à faire ressentir sans avoir besoin de parler.

Ce qu’il y a de plus beau chez Eli porte le visage de Yaakov Zada-Daniel. Au-delà de l’interprétation, Yaakov lui prête une part de lui-même.


Les créateurs de Fauda ont choisi de confronter leurs personnages à l’horreur du 7 octobre 2023, et Yaakov Zada-Daniel y livre sans doute l’interprétation la plus bouleversante d’Eli depuis la création de la série.

L’homme derrière le personnage

Yaakov Zada-Daniel aborde la lumière comme Eli aborde la vie : avec retenue, naturellement, sans ostentation.

Il est présent sur les réseaux sociaux, mais sans jamais faire de sa vie privée un spectacle. Il partage son travail, quelques instants de vie, sans jamais chercher à attirer le regard sur lui. Une manière d’être qui semble prolonger celle d’Eli.

Le sourire de Yaakov est de ceux qui éclairent un visage… et tout ce qu’il y a autour.

Si Eli a permis à tant de spectateurs de découvrir Yaakov Zada-Daniel, sa carrière ne se résume évidemment pas à ce personnage. Plus de vingt ans de cinéma et de télévision lui ont valu la reconnaissance de ses pairs.

En 2024, son interprétation dans Girls Like Us lui vaut le Prix Ophir du meilleur acteur dans un second rôle, l’équivalent israélien des César. Une récompense qui vient s’ajouter à deux Television Academy Awards, parmi les distinctions les plus prestigieuses de l’audiovisuel israélien.

Lorsqu’il reçoit ce Prix Ophir, Yaakov Zada-Daniel ne choisit pourtant pas de parler de sa carrière ni de son parcours. Il consacre l’essentiel de son discours à son pays, à la douleur qu’il traverse depuis le 7 octobre 2023, aux otages toujours retenus à Gaza et remercie les soldats israéliens.


Une rencontre

Il existe parfois une forme de continuité entre un acteur et les personnages qu’il incarne. Non parce qu’ils se ressemblent, mais parce qu’ils semblent partager une même manière d’habiter le monde. C’est peut-être là que se rencontrent Eli et Yaakov Zada-Daniel.

À l’heure où ces lignes sont écrites, la saison 5 de Fauda n’est pas encore disponible sur Netflix. Je me garderai donc d’en révéler les événements, même si beaucoup en connaissent déjà les grandes lignes. Je dirai simplement une chose : jamais Eli n’avait été confronté à une telle épreuve. Les créateurs de Fauda ont choisi de confronter leurs personnages à l’horreur du 7 octobre 2023, et Yaakov Zada-Daniel y livre sans doute l’interprétation la plus bouleversante d’Eli depuis la création de la série. Plus que jamais, ce personnage nous rappelle que les héros sont aussi des hommes.

Une chose me paraît aujourd’hui évidente : Eli ne serait pas Eli sans le supplément d’âme de Yaakov Zada-Daniel.

Sandrine Aloa-Mani

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