
Depuis ce 10 février, E.R. Urgences est enfin disponible en français sur Netflix et dans son intégralité. Quinze saisons. Quinze années de vies entremêlées.
Bien plus qu’un simple ajout de catalogue c’est un retour fondamental car E.R. n’est pas une série médicale parmi d’autres. Elle est LA matrice, le point de départ, le socle émotionnel et narratif qu’ils ont tenté de copier sans jamais l’égaler.
À son arrivée en 1994, E.R. bouleverse immédiatement les codes.La caméra est mobile,
Le montage est rapide et nerveux.Les dialogues se chevauchent. L’hôpital n’est plus un décor rassurant, mais un champ de bataille quotidien.
On y parle de surcharge des urgences, de manque de moyens, d’épuisement physique et moral, de décisions impossibles prises en quelques secondes.Sans héroïsme appuyé.
Juste le réel, brutal et humain.Ce réalisme, aujourd’hui frappe encore par sa modernité.
Une série qui a vu naître des stars… et des personnages inoubliables

Impossible de parler de E.R. sans évoquer son impact culturel immense. C’est grâce à la série que George Clooney est devenu une star mondiale. Avant Hollywood, avant les Oscars, il y avait Doug Ross : pédiatre au grand coeur, engagé, rebelle et séducteur qui a mis des années avant de vivre son amour avec Carol, l’infirmière tant aimée des premiéres saisons. Mais la force de E.R. dans le temps, a été de ne jamais se reposer sur une seule figure.
Au fil des saisons, le public s’est attaché à une multitude de personnages qui, trente ans plus tard, vivent encore dans nos cœurs et notre mémoire collective. Au point que, lorsque nous croisons aujourd’hui l’un des acteurs de la série dans un autre rôle, nous continuons instinctivement à l’appeler par le nom de son personnage dans E.R.
Des trajectoires humaines gravées dans la mémoire
Comme celle du Dr. Mark Greene.L’une des âmes de la série. Un pilier. Même après que l’acteur eût quittè la serie, le fantôme de Mark Greene a continué a hanter les couloirs de l’hopital, jusqu’au dernier épisode de la dernière saison. Un médecin profondément humain. Un medecin que l’on rêverait d’avoir comme médecin traitant. Son parcours de soignant dévoué à homme confronté à sa propre fin demeure l’un des arcs narratifs les plus bouleversants de l’histoire de la serie et de la télévision.
Et puis il y a John Carter.Étudiant maladroit lors des premières saisons, encore trop tendre, trop idéaliste.Nous l’avons vu apprendre a tomber, a se relever, perdre son innocence.Carter, c’est le temps qui passe! Le temps de la serie et notre temps a nous.
Une transformation lente, douloureuse, nécessaire. Il est celui qui a accompagné la série du début à la fin de ses quinze saisons, celui qui a grandi sous nos yeux. Celui qui ne nous a jamais laché, nous spectateurs fidèles.
E.R. aujourd’hui ou comprendre d’où viennent les séries médicales modernes
La mise en ligne de E.R.par Netflix , intervient alors que HBO diffuse actuellement la seconde saison de The Pitt, et la comparaison est éclairante. Dans The Pitt, le Dr. Michael “Robby” Robinavitch, incarné par Noah Wyle, c’est John Carter trente ans plus tard.
Le créateur de la série ancien scénariste majeur de E.R. a dû changer son nom pour question de copyright même si les producteurs n’ont pas échappé a un procés de la part de la veuve de Michael Crichton le créateur de E.R. la serie origniale, pour plagiat. Même si les producteurs de the Pitt s’en defendent, pour nous, spectateurs de la premiére heure de E.R., le lien est évident, il est même éclatant. Michael Robinavitch c’est notre tant aimé John Carter, Noah Wyle. Même regard.Même fatigue.Même humanité.Ce que The Pitt raconte aujourd’hui, E.R. l’avait déjà écrit il y a trente ans.
Ce qui a fait le succès de E.R. : l’humanité, avant tout
Si E.R. a duré quinze saisons, ce n’est pas seulement pour ses urgences spectaculaires.
C’est parce qu’elle a raconté les histoires personnelles de ses protagonistes.Les amours contrariées.Les familles qui se délitent.Les dépendances.Les deuils.La fatigue qui s’accumule.La vie privée qui déborde sur la blouse blanche.
Même les personnages qui nous semblaient antipathiques au début, nous avons fini par les aimer.Parce que E.R. nous permettait toujours d’entrevoir, sous les carapaces, leur âme et leur cœur.
On regardait E.R. pour savoir comment eux, nos héros allaient tenir dans l’enfer des urgences et comment ils allaient faire pour déclarer qu’ils s’aimaient. Et c’est là que réside sa force intemporelle : dans cette capacité à nous attacher, profondément, durablement à chaque personnage.
Pourquoi E.R. reste une œuvre majeure
Regarder E.R. Urgences aujourd’hui n’est pas un simple exercice de nostalgie.
C’est mesurer à quel point certaines œuvres résistent au temps parce qu’elles ont touché juste.De petits miracles de télévision qui atteignent, sans le savoir, le plus intime des âmes. E.R. ne cherchait pas à impressionner, elle cherchait à dire vrai. Et c’est pour cela qu’elle reste, encore aujourd’hui,la plus grande série médicale jamais produite
Alors, rendez-vous sur Netflix pour le grand retour de Susan, du Dr Benton, de John Carter, de Mark Greene, de Doug Ross, de Carol Hathaway… et de toute l’équipe inoubliable des Urgences de Chicago. Parce que certaines séries font de longs détours avant de nous retrouver, prêtes à être accueillies de nouveau comme au premier jour.
Les 15 saisons de Neflix sont à retrouver sur Netflix depuis ce 10 Février.
Sandrine Aloa-Mani
